Au catalogue des marques depuis un peu plus d’un quart de siècle, la fibre carbone n’aura jamais été aussi “obscure”. De la fibre HR à la VHM, de la T700 au 60Ton ou du 1K au 12K, il n’est pas toujours facile de savoir réellement en quelle fibre est construit votre cadre. Et s’il n’y en avait pas qu’une ?

Dans la bouche des cyclistes, le mot “carbone” est presque devenu un nom commun – à l’instar de Frigidaire dans les cuisines – qui désigne que le produit est réalisé à base de fibre composite. Mais l’appellation “carbone” lâchée seule sur une fiche technique, un catalogue, ou une étiquette de cadre ne veut strictement rien dire s’il n’est pas accompagné au minimum d’une distinction technique qui précise de quel type de carbone il s’agit car il existe de nombreuses fibres aux propriétés mécaniques distinctes. Et encore, quand bien même vous lisez que votre cadre est en carbone HM 1K (Haut Module, 1000 filaments par bande) ou VHM, rien ne prouve qu’il est constitué de cette seule et unique fibre. D’une part car la tresse – ou fibre – apparente n’est bien souvent qu’une fibre de finition – une sorte de “valeur” ajoutée au cadre – qui ne garantit rien sur la composition réelle et complète de la pièce en carbone. Une chose est sûre, c’est que la fibre de carbone est noire et ne peut être que de cette teinte, parfois noir et jaune lorsqu’il est associé à du fil d’aramide (Kevlar). Toutefois, il faut se rappeler du carbone “blanc” employé en couche de finition au début des années 2000. Il s’agit en réalité de fibre de verre, un matériau plus cassant et surtout beaucoup plus lourd qu’un tissu fait de véritable carbone.

Aucun contrôle, des certitudes

À notre connaissance, et à celles de nombreuses marques et distributeurs, il n’existe aucun laboratoire ni aucun protocole de certification qui permet d’authentifier en détail – sans détérioration – l’intégralité de la matière première exploitée sur un cadre carbone. Car, comme nous l’explique Philippe Vesin (réparateur Carbon-Protech), spécialiste dans le composite pour des applications en aéronautique, nautisme de compétition et réparation de vélos et matériel en carbone, « il est très difficile de distinguer les trois types de fibre (HM, MI et HR) une fois que la résine a durci et que les tissus sont réticulés. »

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *