La dernière perle du cyclisme français, c’est lui. Julian Alaphilippe a crevé l’écran au printemps dernier. Coup sur coup second de la Flèche Wallone, puis second de Liège-Bastogne-Liège, à 22 ans seulement. Voilà qui promet. Lui avoue avoir un peu de mal à se concentrer, connaître le poids de la pression mais pas la redouter. Sa plus grande qualité : il est heureux d’être là – il s’éclate.

Top Vélo : Julian, vous étiez l’un des grands espoirs du cyclisme français et en deux ans, vous avez confirmé toutes les attentes d’une manière impressionnante. Expliquez-nous un peu votre progression.
Julian Alaphilippe : Tout a commencé en 2011-2012 avec mon année espoir au sein de l’équipe de l’Armée de Terre. C’est là que j’ai découvert le cyclisme de haut niveau. En même temps, cela ne m’a pas bouleversé parce que je n’étais pas encore professionnel dans ma tête. Ce n’est qu’en passant chez Etixx Continental, où j’ai fait des courses encore plus importantes, et où j’ai eu de bons résultats, que j’ai commencé à me dire que, peut-être, je pourrais passer professionnel. Et une fois dans l’équipe World Tour de Quickstep, c’est devenu un plaisir d’apprendre. On m’a tout de suite mis dans de bonnes conditions, que ce soit au niveau du staff ou au niveau des coureurs et j’ai vite trouvé mes repères. Aujourd’hui, je me sens vraiment bien dans cette équipe. On me fait confiance, j’ai des responsabilités. Je suis content de faire mon travail pour mes coéquipiers ou bien parfois pour moi-même, même si ce n’est vraiment pas facile de gagner les courses World Tour ou de marquer des points.

Je me souviens de lors votre première année chez les pros, en 2014, vous disiez souvent que c’était bien dur pour vous, que le passage chez les pros était un sacré palier à franchir…
C’est vrai que j’ai vraiment senti la différence, surtout que la première année, je ne faisais des grandes courses que de temps en temps et du coup, je prenais cet écart de niveau en pleine figure. Maintenant que je fais plus souvent des grandes courses, je sens surtout que je progresse car rien ne remplace l’expérience et les années. Aujourd’hui, je sens que je récupère mieux de mes efforts et du coup, j’assimile mieux l’enchaînement de courses. J’espère que ça va aller de mieux en mieux.

Quand on est un jeune coureur, ça fait quoi d’être entouré de “cadors” comme Tony Martin, Tom Boonen ou Michael Kwiatowski ?
C’est plaisant bien sûr. Côtoyer des champions comme ça, c’est tout simplement la meilleure école. J’adore être en course avec Tony parce qu’il m’apprend des choses sans arrêt. Il est tout le temps concentré, mais en dehors du vélo, c’est quelqu’un de simple et attachant. J’apprends beaucoup, beaucoup avec lui : la façon de courir, la récupération… Beaucoup de choses. Il m’a vraiment aidé à rester devant. Pour ça, il faut rester concentré, ce qui est pour moi difficile. Mais avec lui, j’apprends à le faire.

Vous n’aviez donc que 22 ans quand vous avez fait deuxième à la Flèche Wallonne et deuxième à Liège-Bastogne-Liège. Qu’avez-vous ressenti à ces moments-là ?
Déjà, ça faisait plaisir de faire des courses de prestige comme celles-là et encore plus de terminer sur les podiums. J’étais déjà content d’être au départ. Je connaissais seulement les mythes et l’histoire de ces courses car je ne les avais jamais courues. Pendant la course, je me sentais vraiment bien, je me faisais vraiment plaisir. Mais de là à faire un résultat… Je ne pensais pas du tout faire un podium. Alors deux ! Déjà la semaine précédente, travailler pour Kwiatowski, mon leader, qui gagne l’Amstel Gold Race, ça avait été énorme. Mais là, faire un podium. Waouh !

On a entendu ça et là que si vous aviez été protégé dans la Flèche ou bien Liège, vous auriez pu gagner. N’est-ce pas à l’inverse, cette absence de pression qui vous a permis d’aller chercher de beaux résultats ?

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